Santa Rosa – Buenos Aires

Arrivée de la dernière spéciale

Arrivée de la dernière spéciale

Ce matin le départ s’est effectué à partir de 6h55, donc de jour.

La pression était importante car je n’avais plus que 3 minutes d’avance au classement général sur Alain Duclos, qui pilote une grosse KTM. Autant dire que la partie s’annonçait compliquée sur une spéciale hyper rapide, sans difficultés techniques, et longue de plus de 200 km. Je dois remercier mes mécanos, Freddy et Laurent ainsi que Franck Helbert, qui ont travaillé énormément tout au long de ce rallye pour me permettre d’avoir une moto très efficace, très agréable à piloter et fiable dans la distance. Ils ont su aussi trouver hier soir une solution à mon problème de vitesse de pointe. J’ai pu ainsi prendre 159 km/h en vitesse de pointe aujourd’hui.

Grâce à cela et à un pilotage très agressif, je n’avais que quatre secondes de retard sur mon adversaire au CP1 – KM 121. J’ai continué à attaquer sur les quatre vingt derniers kilomètres, mais j’ai dû concéder quelques dizaines de secondes supplémentaires.

Et là, au bout de 200 kilomètres, je franchis la ligne d’arrivée en 5àme position au classement final et général. Quel soulagement et quel bonheur de finir à nouveau un Dakar dans le top 5.

Même si je n’ai pas atteint la victoire que j’espérais tant et pour laquelle j’ai fait beaucoup d’efforts et de sacrifices personnels (merci à Aline et à nos enfants de me soutenir en acceptant ces sacrifices) je suis satisfait de la remontée effectuée, de ma moto Yamaha 450 WRF et d’avoir vu le fruit de ma préparation physique.

Je tiens à remercier tous mes partenaires et amis pour leur confiance et leur soutien, je les assure que je reste plus motivé que jamais pour les épreuves à venir et bien sûr pour le Dakar l’an prochain.

Je dois aussi rendre hommage à Jean- Luc Danneels et Simon Droux pour leur dévouement tout au long de ce rallye au volant du 4×4 et du camion d’assistance et avoir supporté avec le sourire et la bonne humeur les mésaventures et tracas survenus au cours de leur parcours de plus de 7000 kilomètres. Le Dakar est aussi une véritable épreuve pour eux qui sont souvent levés avant les pilotes et toujours couchés après eux.

Enfin, je dois féliciter les autres pilotes, assistés par Franck Helbert et Julien, François et Pascal. Cinq d’entre eux sur sept ont fini l’épreuve mais la fête aurait été encore plus belle ce soir si tous avaient atteints l’arrivée.

Heureusement, ce ne sont que des problèmes mécaniques provoqués par la course qui les en ont empêchés. Un coup de chapeau à tous, et notamment à Etienne Lormand qui finit 21ème au classement général. Son compère, David Barrot a été éliminé sur bris de guide-chaîne mais je sais qu’il reviendra et obtiendra le résultat qu’il méritait cette année, au vu des temps dans les spéciales. Ces deux pilotes amateurs ont souvent fait des places en spéciale dans le top 20.

Bravo également à Olivier Pain finit 9ème au classement général malgré quelques déboires.

San Rafael – Santa Rosa

A l'assaut des dunes grises
A l’assaut des dunes

Déjà l’avant dernière étape du Dakar… la spéciale commençait par un erg de sable, avec de la végétation et du hors piste. Ensuite, nous avons franchi de grandes dunes. La recherche des way points nous a obligé à slalomer beaucoup entre la végétation. La fin de la spéciale n’a été qu’une suite de longues lignes droites dans la Pampa argentine, à prendre à fond. J’ai failli tout perdre quand j’ai percuté un veau dans un virage sinueux bordé de bosquets.

Je finis 11ème de la spéciale et je conserve ma cinquième place au général.

Demain, la dernière étape vers Buenos Aires ressemble plus à une manche de championnat de rallye auto, avec des grandes pistes très rapides dans la Pampa, avec peu de changements de directions. Cela nécessitera une grande maîtrise de la glisse et de la prudence car de nombreux spectateurs, très enthousiastes, voire parfois trop, seront là pour nous accueillir.

San Juan – San Rafael


Ne rien lâcher

Départ à 6 h ce matin du bivouac situé dans un magnifique cirque rocheux pour  la plus longue étape du rallye, de San Juan à San Rafaël. Après une courte liaison, nous avons commencé la spéciale par une première piste super rapide avec plein de pièges, suivi d’un rio asséché avec de la navigation pendant une vingtaine de kilomètres pour rejoindre un autre rio. Les pistes de la fin de la première section de spéciale étaient semblables à celles du début. La deuxième section de la spéciale était la version argentine du Touquet : une piste sablonneuse, ondulée, avec peu de navigation mais demandant une attaque maximale du début à la fin. Une foule impressionnante était massée à l’arrivée de la spéciale ainsi que le long du parcours de liaison final. Je savais que cette exercice allait être déterminant et j’ai roulé à bloc, comme dans les courses sur sable. Ma préparation physique, que j’ai effectué avec Christophe Millet (Présport – Perpignan), a porté ses fruits, puisque j’ai pu tenir ce rythme malgré une chaleur de 42° tout au long de cette section. Le travail de préparation fait sur les suspensions Öhlins par Franck Helbert (HFP Off Road  Suspensions) me permettent aussi de piloter en confiance, même sur des spéciales alliant plusieurs types de terrains dans la même journée. Nous avons rallié San Rafael à travers une pampa et des vignobles magnifiques. Malheureusement, nous n’avions pas le temps de faire un arrêt dégustation. Je finis deuxième de cette spéciale et remonte à la cinquième place au classement général.

Ne rien lâcher

Santiago – San Juan

Rio argentin

Rio argentin

Le départ de Santiago fût très matinal. Nous avons commencé la journée par une liaison de 211 km qui s’est déroulé essentiellement de nuit. Le passage du Paso Libertadores, à plus de 3500 mètres d’altitude, fut hivernal, la température étant légèrement négative. La spéciale démarrait 100 km plus loin, à 1900 mètres d’altitude. Le soleil était là pour nous réchauffer. Je partais en deuxième position derrière Marc Coma. Au km 13, un policier se tenait devant le chemin donné par le road book et nous a indiqué de continuer tout droit. Heureusement, je me suis aperçu assez vite que la piste ne correspondait plus au road book. J’ai réussi à retrouver le bon chemin, mais j’y ai laissé de précieuses minutes. Je pointais 25éme au CP 1,au km 51. J’ai dû après attaquer à fond et je suis remonté à la 6ème place, une seconde derrière Chaleco au bout de 220 km!!!

Demain, ce sera la plus longue étape du rallye. Il y aura une très courte liaison, puis le départ de la spéciale longue de 476 km. Une partie de celle-ci (130 km) sera neutralisée afin d’éviter un site naturel classé. La deuxième partie sera exclusivement sablonneuse, avec de nombreux sauts. Je devrai m’y régaler. Nous finirons la journée par une longue liaison d’environ 300 km.

Le temps total estimé de la journée est de plus de 9h…

La Serena – Santiago

A fond vers Santiago

A fond vers Santiago

Cette 10ème étape du Dakar nous a emmenés de La Serena à Santiago. Nous avons commencé par une liaison de 112 km où nous avons eu un peu froid car la température matinale était inférieure à 10 °, ce qui est frais pour l’été. Nous avons ensuite pris le départ de la spéciale, longue de 238 km. A cause de ma pénalité d’hier, je suis parti en 12ème position. Cela m’a énormément compliqué la tâche, car la poussière était épaisse et omniprésente dans la première partie de la spéciale. De plus, le début de cette spéciale était très vallonnée et glissante comme du verglas. J’ai réussi à rester sur mes roues et à remonter plusieurs concurrents. Après, dans les enchaînements sinueux entre les buissons et les cailloux m’ont permis de me régaler tout en attaquant à fond, enchaînant les dérives et retardant mes freinages au maximum.

J’ai fini 2ème de la spéciale, reprenant plusieurs minutes à mes rivaux.

Demain, nous retournons en Argentine, avec un passage magnifique dans la Cordillère des Andes, face au Mont Aconcagua qui culmine à plus de 6850 m.

La spéciale sera variée avec la première moitié entre 2000 et 3000 m.

La descente sinueuse sur 20 km devrait m’apporter beaucoup de plaisir.

Copiapo – La Serena

Le Touquet à Copiapo
Le Touquet à Copiapo

Départ de la spéciale immédiatement en sortant du bivouac, avec un départ en ligne par groupe de 10 pour les vingt premiers. Le parcours de la spéciale, raccourci à 172 kilomètres, se composait que de dunes et de hors pistes sablonneux qui nous faisaient passer de vallée en vallée. Il fallait faire attention à la navigation car les pistes se recoupaient entre celles de l’arrivée d’hier et celles de la semaine dernière. Une erreur était facilement arrivée. J’ai donné tout ce que j’ai pu et j’ai fini à la 5ème place aujourd’hui. Le classement général ne change pas.


La spéciale de demain s’annonce très vallonnée entre les herbes et buissons et là aussi il faudra faire attention à ne pas s’égarer. Des rebondissements dans le classement ne sont pas à exclure. A demain soir !!!

Antofagasta- Copiapo

Jump à la sauce Chili

Jump à la sauce Chili

Après la journée de repos bien mérité, une grosse étape de 472 km qui fut plus difficile que prévue. Il y avait beaucoup de hors pistes, plein de pièges dans les cailloux et avec aussi bien des portions trialisantes où je roulais en 1ère , que des pistes où j’ai fait de beaux sauts.

Après 240 km de spéciale, je suis remonté sur Cyril Desprès que j’ai dépassé et Marc Coma. J’ai suivi Marc Coma pendant une centaine de kilomètres, mais la différence de puissance et de couple des grosses cylindrées se fait toujours sentir dans les grands bouts droits et dans les franchissements de dunes. Je n’ai pas pu rivaliser à cause de cela sur la fin de la spéciale avec Marc. Je finis 4ème de la journée et  remonte à la 6ème place en général. Le podium est en vue.


Demain, la spéciale a été raccourcie à 178 kilomètres car les prévisions météo prévoient un brouillard empêchant les hélicoptères de décoller jusqu’à environ 10h. Le départ se fera par vague de dix pilotes pour les vingt premiers et ensuite par vague de vingt pilotes .Nous aurons beaucoup de sable et de hors pistes.


Je dois dire que cette année les spéciales sont fantastiques et très variées, procurant un grand plaisir à rouler, le pilotage étant de plus en plus important.

Iquique – Antofagasta

A l'attaque dans les dunes

A l'attaque dans les dunes

Après une courte liaison, nous sommes rentrés dans le vif du sujet avec une section de dunes assez éprouvante, surtout avec les réservoirs pleins. Ensuite nous avons attaqué des pistes assez rapides mais piégeuses sur lesquelles j’ai pu prendre la tête de l’épreuve pendant plus de 85% de la spéciale. Quand vers la fin, la piste est devenue plus rapide, j’ai économisé la moto et j’ai même joué au dépanneur en prêtant des outils à Helder Rodriguès et en décoinçant la chaîne de Chaleco qui avait cassé et était coincé dans le pignon de sortie de boîte avec un démonte pneu et un gros caillou en guise de marteau. C’est aussi cela la course, savoir se montrer solidaire dans les moments de difficultés. Nous avons fini la spéciale dans une nouvelle portion de sable. Je prends la  3ème place de la spéciale et  remonte 7ème au général.

Demain, c’est la journée de repos durant laquelle je vais me reposer en dormant un peu plus longtemps et essayer d’aller goûter l’eau du Pacifique le matin. Après je reviendrai vite au bivouac pour rester concentré sur l’épreuve qui est loin d’être finie.

Après cette première semaine complète de course et malgré mes problèmes le troisième jour, je reste confiant et très motivé. J’ai fait une belle remontée au général de la 44ème à la 7ème place, je suis physiquement en pleine forme et je me régale sur ma moto.

La course va encore connaître des rebondissements car  il y aura des spéciales longues et difficiles à négocier. Je vais tout donner comme d’habitude pour obtenir le meilleur résultat final.

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